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Conférence IPCEI | Paris septembre 2026

Publié le 07 septembre 2026
5 min

Conférence IPCEI 2026 : se préparer à la deuxième vague des projets industriels européens

Le 29 septembre 2026, european economics a réuni à Paris une cinquantaine d’acteurs industriels, financiers et institutionnels venus de toute l’Europe, à l’occasion de la troisième et dernière édition de l’année de sa conférence dédiée aux Projets Importants d’Intérêt Européen Commun (IPCEI ou PIIEC).

Alors qu’une nouvelle vague de programmes IPCEI se structure en Europe, cette édition a replacé le dispositif dans le paysage plus large des financements publics, avant d’en détailler les règles et d’en illustrer la réalité au travers du parcours d’une PME.

Conférence IPCEI organisée par european economics le mardi 29 septembre

Aides d’État et nouveau contexte géoéconomique : les « trois horloges »

En ouverture, Iryna SABAT, Docteure et Directrice de projets chez european economics, a proposé une lecture des aides d’État en trois horloges, autour d’un message simple : le financement public est passé du back-office à la salle du conseil d’administration.

  • L’horloge de Washington : les incitations et les droits de douane américains modifient l’équation d’investissement, à technologie égale.
  • L’horloge de Pékin : une chaîne d’approvisionnement peut dépendre du calendrier d’un autre, comme l’ont montré les contrôles à l’export sur les aimants de terres rares en avril 2025, la Chine assurant environ 91 % de la séparation et du raffinage mondiaux en 2024.
  • L’horloge européenne : un projet stratégique ne constitue pas toujours un business case finançable, et une aide d’État nécessaire et proportionnée peut combler l’écart, comme l’illustre la décision Infineon à Dresde (920 millions d’euros d’aide allemande approuvés le 20 février 2025 pour un investissement de 3,5 milliards d’euros).

La quatrième horloge appartient aux entreprises elles-mêmes : celle de leur préparation, avec un projet défini, une alternative réaliste, un argumentaire sur les bénéfices pour l’Union européenne et un modèle financier prêts lorsque l’opportunité s’ouvre.

Naviguer dans la jungle des IPCEI : du cadre réglementaire à la notification

Marc ISABELLE, Président et Fondateur de european economics, a ensuite retracé la première vague de 11 IPCEI lancés entre 2018 et 2025, qui a concerné 296 bénéficiaires et 37,6 milliards d’euros d’aides d’État.

Il a présenté la deuxième vague d’IPCEI, initiée par le Joint European Forum : des programmes déjà lancés (technologies avancées des semi-conducteurs, intelligence artificielle, continuum des infrastructures de calcul, technologies nucléaires innovantes, matériaux avancés circulaires) à ceux qui sont approuvés ou encore en discussion.

Il a détaillé les exigences réglementaires, le processus par étapes depuis les appels nationaux jusqu’à la notification à la Commission européenne, ainsi que les trois composantes du dossier de notification, en s’appuyant sur les enseignements des 152 projets IPCEI accompagnés par european economics depuis 2018. Sa conclusion : anticiper, coordonner et pousser la réglementation jusqu’à ses limites.

Étude de cas : le parcours de HDF Energy au sein de l’IPCEI Hy2Move

Hanane EL HAMRAOUI, Directrice Générale Déléguée de HDF Energy, a partagé l’expérience de cette PME au sein de l’IPCEI Hy2Move, des premières démarches en 2020 à la signature de la convention de financement en décembre 2025.

Elle a souligné les principaux facteurs de succès de ce parcours :

  • sécuriser tôt le soutien national et le maintenir malgré les évolutions du contexte politique,
  • construire un business plan intégrant des indicateurs commerciaux et pas seulement techniques,
  • gérer les spillovers de manière à protéger la propriété intellectuelle tout en respectant les règles européennes,
  • développer de véritables collaborations transfrontalières,
  • organiser avec soin le préfinancement jusqu’au versement des fonds publics.

Des échanges nourris avec les participants

La séance de questions-réponses a permis d’approfondir plusieurs sujets clés pour les porteurs de projets :

  • Spillovers : le financement public doit bénéficier à l’ensemble de l’écosystème européen ; les échanges ont porté sur des engagements contribuant à la diffusion des résultats, notamment vers les PME et les organismes de recherche, tout en protégeant les résultats de l’entreprise face à la concurrence, et construits progressivement au fil des questions de la Commission.
  • État de l’art : le démontrer à partir de références publiques, identifier les verrous technologiques et fixer des indicateurs que le projet dépassera ; l’innovation peut résider dans une nouvelle application ou un changement d’échelle, et pas seulement dans la brique technologique de base.
  • Montant de l’aide : le justifier par un questionnaire sur le déficit de financement dès la candidature nationale, même lorsqu’il n’est pas exigé, comme l’a montré l’IPCEI AST allemand, où les intensités d’aide ont été revues à la baisse après la sélection nationale.
  • Alignement national : l’aide d’État reste un financement national ; il faut cartographier les ministères concernés, sécuriser tôt le soutien politique et garder à l’esprit que l’État membre est un allié jusqu’à l’approbation, puis un interlocuteur dans la négociation.
  • Trésorerie : les dépenses peuvent être éligibles avant la signature de la convention, mais leur préfinancement par fonds propres et emprunts doit être organisé, le premier versement intervenant tard dans le processus.
  • PME et start-up : le statut de partenaire associé et des règles simplifiées visent à élargir leur accès aux prochains IPCEI.
  • Alternatives : lorsque le calendrier ou la maturité ne correspondent pas à un IPCEI, l’Innovation Fund ou une aide d’État notifiée au titre du large article 107(3)(c) TFUE offrent d’autres voies ; des règlements sectoriels comme le Chips Act ou le Critical Medicines Act permettent aux États membres de soutenir directement des capacités de production.

Une communauté mobilisée autour des enjeux industriels européens

Cette troisième édition a réuni grands groupes, PME innovantes et acteurs institutionnels autour d’un même constat : les aides d’État sont devenues un levier de décision d’investissement en Europe, à condition d’en maîtriser les règles et d’anticiper les contraintes de mise en œuvre. Une prochaine édition est prévue à Paris début 2027.

Vous préparez un projet IPCEI ou souhaitez évaluer vos options de financement public en Europe ? Contactez-nous.


Jade Lasvignes
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