Énergie & Environnement
Au cœur de la transition industrielle européenne
european economics accompagne depuis plusieurs années des projets structurants dans ces domaines, en sécurisant pour ses clients des financements publics significatifs.
La transition énergétique et la protection de l’environnement sont devenues un impératif industriel, économique et géopolitique pour l’Union européenne. Elles exigent des transformations profondes des systèmes de production et d’usage de l’énergie, de l’industrie lourde et des chaînes de valeur associées (technologies bas‑carbone, matières premières critiques, infrastructures). L’UE a inscrit dans la loi l’objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050, avec une étape intermédiaire de réduction d’au moins –55% des émissions nettes d’ici 2030 (vs 1990) (European Commission, 2023)

L’installation PtX de European Energy à Kassø, au Danemark
Pourquoi l’énergie et l’environnement sont-ils des priorités stratégiques pour l’UE ?
Dans le cadre de cet objectif très ambitieux, la transformation du système énergétique est centrale : le secteur de l’énergie contribue à un peu plus de 75% des émissions totales de gaz à effet de serre dans l’UE (au sens large du “système énergétique”) (European Commission, 2020).
Au-delà des enjeux climatiques, la crise énergétique liée aux guerres en Ukraine (depuis 2022) et au Moyen Orient (depuis 2026) a mis en lumière la nécessité de réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures, de sécuriser les approvisionnements, et d’accélérer l’investissement dans les infrastructures et technologies bas-carbone.
Le plan REPowerEU s’inscrit pleinement dans cette dynamique : la directive révisée sur les énergies renouvelables vise 42,5% d’énergies renouvelables en 2030 (objectif contraignant), avec une ambition à 45% (European Commission, 2022).
Quels défis structurent l’avenir du secteur de l’énergie et de l’environnement ?
Les principaux enjeux strructurants sont la résilience du système électrique face à l’intermittence, la nécessité d’accélérer le déploiement des projets, ainsi que l’impératif de compétitivité industrielle.
Compte tenu du caractère intermittent des énergies renouvelables, l’intégration rapide du solaire et de l’éolien nécessite le développement de solutions de stockage (batteries, hydrogène, stockage thermique), de réseaux électriques plus intelligents et interconnectés, ainsi que de mécanismes de flexibilité (pilotage de la demande, capacités de pointe, services système) (IEA, 2023).
Concernant l’accélération des projets, dans le secteur énergétique, on observe que même lorsque les technologies sont matures, les objectifs 2030 se jouent sur la vitesse d’exécution, déterminée par : permis, raccordements, contraintes environnementales, acceptabilité locale, disponibilité du foncier, et robustesse des chaînes d’approvisionnement (Commission Européenne, 2023). Ainsi, les grands projets énergétiques rencontrent souvent des résistances locales qui peuvent ralentir leur déploiement (PWC, 2020; IEA 2023).
Finalement, un point critique pour la compétitivité industrielle de l’UE est la capacité à relocaliser ou développer des capacités industrielles sur des segments clés. À titre d’exemple, la Chine domine aujourd’hui la chaîne de valeur photovoltaïque, met en évidence le déséquilibre stratégique sur ce segment : le JRC de la Commission européenne indique qu’en 2024, la Chine représentait 96% du polysilicium, 97% des wafers, 92% des cellules et 86% des modules au niveau mondial et que le Géant asiatique est dominant dans l’ensemble des segments de la chaîne de valeur, représentant 74 % du chiffre d’affaires mondial en 2024.
Ce positionnement peu favorable de l’Europe est aussi dû à la disponibilité limitée de matières premières critiques : la dépendance au lithium, au nickel, au cobalt, au graphite ou encore aux terres rares fragilise la chaîne de valeur des batteries, de l’énergie éolien, de l’ électronique de puissance et de l’hydrogène. L’UE a structuré une réponse avec des objectifs chiffrés à l’horizon de 2030 : 10% d’extraction, 40% de transformation, 25% de recyclage, et pas plus de 65% de dépendance à un seul pays tiers pour chaque matière stratégique (European Commission, 2022).
Le Vieux Continent a ainsi commencé un processus de décarbonatation des industries lourdes (e.g. acier, ciment, chimie, raffinage). Ces filières nécessitent des transformations profondes (électrification, hydrogène, efficacité, chaleur bas-carbone, CCUS), et leur besoins en terms de CAPEX sont souvent incompatibles avec des modèles économiques “standalone” sans soutien public et sans mécanismes de soutien adaptés (IEA, 2023).
Clean tech manufacturing : produire en Europe les technologies de la transition
La transition énergétique ne repose pas uniquement sur le déploiement d’infrastructures bas-carbone, mais aussi sur la capacité de l’Europe à fabriquer sur son territoire les technologies net-zéro et leurs composants stratégiques. Le Net-Zero Industry Act (NZIA) fixe un objectif structurant : atteindre d’ici 2030 une capacité de production européenne couvrant au moins 40 % des besoins annuels de déploiement pour des technologies clés telles que le solaire photovoltaïque, l’éolien, les batteries, les pompes à chaleur et les électrolyseurs (European Commission, 2021). Cette ambition concerne non seulement les produits finaux, mais également les composants et sous-systèmes critiques, cellules et wafers photovoltaïques, matériaux actifs et modules batteries, nacelles et électronique de puissance pour l’éolien, compresseurs de pompes à chaleur, stacks et membranes d’électrolyseurs.
Afin de soutenir cette industrialisation, le cadre européen des aides d’État a évolué avec l’adoption du Clean Industrial Deal State Aid Framework (CISAF), qui remplace le TCTF. Ce dispositif vise à sécuriser une capacité de fabrication suffisante dans les technologies propres, à soutenir la décarbonation industrielle et à créer des incitations pour les investissements privés. Le cadre est applicable jusqu’au 31 décembre 2030 (European Commission, 2025).
Quelles réponses apportent les politiques publiques européennes ?
L’Union européenne et ses États membres ont mis en place plusieurs dispositifs structurants pour répondre aux défis de la transition énergétique et environnementale. Parmi eux :
- IPCEI (Important Projects of Common European Interest) dédiés :
- IPCEI Hydrogène (Hy2Tech 2022, Hy2Use 2022, Hy2Infra 2024, Hy2Move 2024) : 19 milliards d’euros de financements publics validés pour soutenir la R&D, le passage à l’échelle industrielle et les infrastructures, avec des vagues.
- IPCEI Circular Advanced Materials (IPCEI CAM) : initiative visant à accélérer les matériaux avancés et circulaires indispensables aux technologies propres (batteries, PV, éolien, etc.).
- IPCEI Innovative Nuclear Technologies (en préparation) : initiative visant à soutenir la filière nucléaire européenne (innovation, industrialisation, infrastructures associées), au service de la souveraineté énergétique et de la décarbonation..
- IPCEI Critical Raw Materials (IPCEI CRM) : initiative en cours d’exploration au niveau européen pour renforcer les capacités sur la chaîne de valeur des matières premières critiques (extraction, transformation, raffinage, recyclage).
- Net-Zero Industry Act (NZIA, 2023) : objectif de produire en Europe au moins 40 % des technologies stratégiques bas-carbone d’ici 2030, dont les électrolyseurs, panneaux solaires et pompes à chaleur.
- Critical Raw Materials Act (2023) :mesure pour sécuriser l’approvisionnement en matières premières critiques nécessaires aux batteries, à l’hydrogène et aux énergies renouvelables. Ce règlement vise à renforcer les capacités de l’UE tout au long de la chaîne de valeur des matières premières critiques, en augmentant la production intérieure, le traitement et le recyclage. Il établit des objectifs pour 2030 : extraire au moins 10 % des besoins annuels de l’UE, traiter au moins 40 % et recycler au moins 25 %.
- Fonds pour l’innovation (Innovation Fund) : plus de 40 milliards d’euros prévus d’ici 2030 pour financer des projets de démonstration dans la décarbonation industrielle, la capture et l’utilisation du CO₂ et les technologies innovantes d’énergies propres, y compris des projets de démonstration nucléaire innovants (European Commission, 2025).
Pourquoi les aides d’État sont souvent nécessaires pour soutenir les investissements dans la transition énergétique, les énergies vertes et la décarbonation ?
Une première raison est liée aux externalités négatives dérivant de la pollution : les émissions de gaz à effet de serre entraînent un coût collectif non entièrement supporté par les émetteurs. Sans internalisation complète du coût carbone, les investissements verts restent insuffisants ( cfr. ce rapport de la DGE). Une deuxième raison est liée aux retombées économiques (“spillovers”): les bénéfices de l’innovation verte se diffusent largement à d’autres secteurs, entreprises et territoires, mais les investisseurs ne captent qu’une partie de la valeur créée, ce qui réduit leur incitation à investir (cfr. ce rapport du MIMIT). En plus, la plupart des projets dans ce secteur sont longs à amortir et dépendants de la coordination des plusieurs acteurs, ce qui rend les revenus souvent incertains ou partiellement non monétisables. Dans ce contexte, le financement public joue un rôle crucial pour pallier ces défaillances de marché, réduire le risque et mobiliser des capitaux privés dans le but de catalyser, et non remplacer, l’investissement privé.
Comment european economics accompagne les acteurs du secteur de l’énergie et de l’environnement ?
european economics a acquis une expertise reconnue sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la transition énergétique :
- Hydrogène : accompagnement de projets industriels et d’infrastructures dans le cadre des IPCEI, avec presque 7 milliards d’euros de financements publics sécurisés.
- Nucléaire : conseil stratégique et financier pour les projets européens IPCEI Nuclear.
- Énergies renouvelables : soutien à des projets photovoltaïques, éoliens et de biomasse, depuis la R&D jusqu’au déploiement à grande échelle.
- Industries à forte intensité carbone
- Projets transverses : développement de gigafactories d’électrolyseurs et d’infrastructures de stockage.
Notre rôle est de transformer des objectifs industriels et environnementaux ambitieux en projets concrets et financés grâce à une parfaite maîtrise des dispositifs de financement nationaux et européens, ainsi que de la réglementation applicable.
Conclusion
La transition énergétique et environnementale européenne repose sur des choix stratégiques exigeants. Dans un secteur où les coûts d’investissement, les défis technologiques et les contraintes d’exécution et les règles d’aides d’État sont déterminants, l’accès aux financements publics et leur sécurisation deviennent un facteur décisif.
Grâce à son expérience, european economics contribue à faire émerger et réussir des projets industriels à fort impact sur la souveraineté énergétique, de la réindustrialisation clean techet de la décarbonationde l’Europe.